… C’est pas toujours facile!
Je ne sais pas combien de fois dans ma vie je me suis dit qu’être un garçon doit être plus simple qu’être une fille. Ce doit être une réflexion cruche purement féminine car je l’ai déjà entendu ailleurs que dans ma bouche.
Pourtant, a écouter la gente masculine, eux aussi, doivent supporter leur lot de trucs casse-pieds. Mais en tant que moi, j’ai vraiment du mal à y croire et je trouve toujours ça minime par rapport à nous les filles
.
Il y a quelques années, j’aurais peut-être pu croire car mon seul problème était de me transformer en monstre une fois par mois. Mais c’était avant le drame et que je ne devienne une vraie fille.
Donc comme je le disais, fut un temps, mon seul problème c’était comme toutes filles sur terre (enfin presque), c’était mes règles. Ce moment dans le mois qui est super chiant mais qui pour beaucoup, nous transforme en véritable monstre pour nos collègues masculins. Bien que certaines femmes échappent à la règle (elles sont peut-être comme ça tout le temps, qui sait?), dans cette période, on se transforme en véritable harpie, en tout cas moi! Résultat, un truc pourtant insignifiant va prendre une ampleur incroyable, 2 neurones vont se toucher et pouf dispute avec copain qui n’avait rien demandé.
NB : En Suisse, ils ont des abris anti-atomiques dans leurs habitations. En tant que française, ce fut un choc quand je suis arrivée chez les helvètes. Forcément, un pays qui n’a connu aucune guerre depuis l’ère des dinosaures, j’ai toujours trouvé cela étrange. Pour le coup, je suis persuadée que c’est une idée d’homme afin d’avoir un coin où se cacher de Godzilla tous les mois.
Bref.
Dans cette époque lointaine. Notez que j’ai 24 ans (dans quelques jours…), donc toute ma vie d’avant 22 ans c’est déjà l’époque pré-historique. Je reprends; Dans cette époque lointaine, je ne me souciais guère de mon apparence, enfin beaucoup moins. C’est ainsi que pour sortir, tant que j’étais confortable avec un chouilla de maquillage c’était bien assez. Je me gaussais intérieurement de toutes ces nenettes qui ne pouvaient pas sortir avec le combo fond de teint/yeux/rouge à lèvres (plutôt gloss Yves Rocher moche d’ailleurs)/blush, sans parler de la tenue vestimentaire irréprochable et durement choisie. L’image du dessus n’est pas anodine, c’était un peu ce que j’avais l’impression de voir à chaque coin de rue et je ne comprenais pas cet importance de vouloir absolument être LA plus jolie. Je ne la comprends toujours pas d’ailleurs comme je ne comprends pas cet engouement de ressembler à une orange en hiver pour cause de fond de teint pas adapté.
Je me souviens d’ailleurs de mon petit-copain de l’époque (Gérald si tu me lis), qui sans cesse me disais que cela serait bien si je devenais un peu plus féminine. Troquer mes vieilles baskets contre de jolis escarpins, c’était niet. Le confort avant le paraître. Donc les belles chaussures c’était pour les belles occasions, comprendre mariage, 1er de l’an.
Bon, j’ai fini par plier et j’ai fait 2 concessions, mettre des escarpins lorsqu’il m’emmenait au restaurant, virer mon sac Eastpak pour les cours en le remplaçant par un joli sac à main noir, alterner baskets et ballerines pour tous les jours. C’était le début du changement! Enfin à l’époque pour moi, c’était déjà énorme et je n’imaginais pas que ce n’était pas encore assez femme.
C’est ainsi que la seconde étape de ma transformation fut amorcée par mon père. Chose que je n’aurais jamais imaginé. Car à presque 21 ans, on est une petite femme et qu’il serait temps de s’habiller en conséquence et non plus en ado. Choc pour moi qui pensait que j’étais déjà habillée en femme
. Il a fallu que je comprenne qu’un t-shirt c’est pas juste un t-shirt et que certains sont plus féminins que d’autres, qu’un chemisier est plus coquet (et plus inconfortable, une chose qui ne changera jamais, mon aversion pour cet habit prison).
Et c’est en gros à partir de tout ça que mes problèmes existentiels de fille ont commencé. L’envie de d’être embellie par le maquillage, le vernis à ongles, de mieux choisir ce que j’allais porter, de préférer une paire à talons à mes baskets.
Je précise que je fais 1m76 et je note pour tout le monde qu’être grande est aussi compliqué pour s’habiller qu’être petite. J’ai trop souvent entendu « Claire, tu es grande, tout tombe bien sur toi » … sauf que tout n’existe pas dans ma taille. Et par conséquent, lorsqu’il faut que je m’achète un jean Levi’s et que la vendeuse me répond « On n’a pas votre longueur de pantalon, car vous comprenez, notre clientèle féminine est plutôt dans la norme ». Soit entre 1m60 et 1m70.
Déjà que j’ai en horreur d’aller faire du shopping, ça me fait une raison de plus à chaque fois, oui cette raison a le don de prendre de l’envergure. Pour info, je bénis internet d’exister et de me permettre de regarder les collections proposées par mes marques fétiches. Gain de temps en magasin, j’essaie ce que j’ai repéré de joli sur leur site, si ça me va je prends et je suis contente d’être restée à tout casser 10 minutes montre en main au sein de l’enfer plutôt qu’une heure à fouiner pour rien prendre au milieu de quinzaines de harpies. Seules la lingerie peut me faire oublier que je suis dans un magasin, c’est mon péché mignon. J’aime toucher la texture, comparer les différentes formes, etc. Etrangement, les magasins de lingeries sont souvent vides quand j’y vais, à croire que les autres femmes n’y vont qu’en cas de grande nécessité.
Naturellement, quand on parle fille, on en vient au maquillage. Je me demande encore là qui est le monstre qui a inventé ça. Ces produits sont une véritable torture!
Avant de penser à les appliquer sur notre peau ou sur nos ongles pour le vernis, on passe par un affreux casse-tête pour trouver ce qui nous conviendra. Quelle teinte ira avec notre carnation et nos yeux. De ce point de vue là, je reste dans le très classique (en même temps, j’aime ce qui est plutôt classique et ça se voit sur moi), avec un trait de liner et une ombre à paupière marron (coin interne dans un ton plus beige pour la lumière), mascara, un rouge à lèvres juste là pour réchauffer la couleur naturelle de ma bouche.
Le fond de teint me fait défaut, malheureusement! J’ai l’impression que je ne trouverai jamais celui que je serai capable de supporter une journée entière. J’en ai testé un bon petit paquet et jamais j’ai toujours eu cette impression d’inconfort alors que d’autres le trouvent génial. Pourtant je suis loin de l’appliquer à la truelle
, bien au contraire. Le jour où je trouve le fond de teint parfait niveau texture sur ma peau, je serai comblée!
Je voudrais aussi revenir sur cette histoire d’eyeliner. Je ne comprends vraiment pas ces femmes qui préfèrent utiliser un crayon plutôt qu’un liner liquide. J’ai testé les deux, le crayon plutôt de force. Il faudra m’expliquer mesdames où est cette soit-disant facilité que vous trouvez à ces fameux crayons! Je trouve qu’ils sont incapables de précision, par conséquent, le trait est souvent grossier (et moche). Alors que la matière liquide (ou crémeuse) est tellement plus maniable. On peut vraiment choisir l’épaisseur de notre trait, s’il sera là pour un léger renforcement ou s’il doit être imposant, si on veut qu’il finisse en virgule ou reste droit. Il est aussi plus rapide à appliquer. Et puis surtout, avec un produit liquide, ça sèche et ne s’estompe pas sur toute la paupière au fur et à mesure que la journée passe, ce qui évite le look sorcière avant halloween.
J’aime énormément le maquillage sur la photo au-dessus. Les pros du maquillage me diraient sûrement quelque chose de plutôt simple à réaliser. C’est fort possible quand on est pas moi qui suis incapable de faire un joli maquillage sans avoir un oeil parfait et l’autre moyen. Peut-être pour ça que j’essaie de rester simple mais qu’en même temps je bave sur la palette Naked 2 d’Urban Decay.
Je crois, que le vernis à ongle est mon plus grand ami mais aussi mon pire cauchemar. Je m’explique. J’ai toujours trouvé ça joli de beaux ongles longs (mais pas trop) vernis de jolies couleurs parfois fantaisistes. Ca donne un petit plus à la main, l’habille élégamment (enfin des fois, les nanas pro nail-art font des choses juste atroces).
Oui mais, j’ai un gros défaut niveau vernis. J’ai l’ongle plutôt mou et qui a tendance à s’effriter sur le bout. Quelle tristesse lorsque je vois que 2 jours après avoir appliqué mon vernis, je suis déjà obligée de tout retirer car tout s’écaille. Cela m’énerve d’autant plus que poser du vernis ne se fait pas en 1 minute montre en main mais plutôt 2 bonnes heures : limer les ongle, polir le dessus, pousser les cuticules (d’ailleurs on aurait pu naître sans, c’est d’un casse bonbon lorsque faux mouvement, je plante mon pinceau dedans au lieu de sûr mon ongle), poser une couche de base, attendre que ça sèche, première couche de couleur, attendre que ça sèche, seconde couche, attendre que ça sèche, parfois top coat, nettoyer si ça a débordé. Temps total de l’opération 2 à 3h (je suis peut-être lente car perfectionniste).
Bref, ce sont des petites choses du quotidien qui font qu’être une femme c’est vraiment prise de tête (et je n’ai pas parler de l’épilation et de soin de la peau) me laissant croire qu’un homme hormis se raser et enfiler ses vêtements, il n’y a pas grand chose de difficile. Parfois, j’aimerais être un homme, seulement, une semaine juste pour ça
. Et ce sentiment m’envahit encore plus quand j’entends « tu es mieux au naturel ».













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